Don Juan et la Serial-dragueurs-Killer

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 J’ai un pote complètement dans la merde! Il a perdu 3 kg en moins d’une semaine. Est devenu amer, stressé et cassant. Mon pote broie du noir. Sa nana, sa biche, sa puce, son ventricule gauche, lui a fait le doigt d’honneur. Niqué !

Le cœur de mon pote est parti en vrille il y a une semaine. La femme de  sa «vie», la «future mère de [ses] enfants»,  celle qu’il avait choisie, qui l’avait choisi, à qui il pensait tous les jours, à chaque instant, celle pour laquelle il était capable de griller carte de recharge sur carte de recharge, celle qui apaisait son cœur, rafraichissait sa mémoire, détendait son esprit, défendait ses intérêts, satisfaisait ses désirs, l’a abandonné. Comme ça, sans crier gare.  Elle s’est barrée.

Il m’en parle le cœur serré, le regard perdu, les traits tirés. Livide. Il s’en veut, lui en veut, en veut au monde entier. Comme souvent dans ce genre de situation, mon ami n’a rien vu venir. Il en a pour sa gueule.

Pourtant, rien ne prédestinait DSK (ainsi on l’appelle à son insu) à un tel sort. Puisque DSK n’est pas du genre à se faire avoir par une nana. Alors là, pas du tout. Au contraire.

Lui et moi avons quelques points communs : pas d’alcool, pas de cigarette (même s’il lui arrive de griller une clope de temps en temps), pas de thé, pas de foot. Ni à la télé, encore moins sur le terrain. Equipe nationale, championnats européens, CAN, coupe du monde, J.O, on s’en balance. Le Syli national de Guinée peut se faire laminer au stade du 28 septembre par de petits morveux égyptiens, le Real Madrid se faire étriller au Santiago Bernabéu par des bambins du Barça. Des supporters fêlés peuvent cramer de chaleur dans des vidéos-clubs crasseux, se boxer pour défendre ou vilipender le gringalet Messi ayant le même âge que leur fils ainé qui se shoote du shit. Vogue la galère. On s’en bat les couilles. Nous avons d’autres chat(tes) à fouetter, nous.

Là, s’arrête la comparaison entre lui et moi. Puisque, quand moi je suis occupé à me ruiner quotidiennement la vue sur un écran d’un Notebook à écrire des billets de blog à deux balles, sur un Samsung Galaxy d’entrée de gamme ou sur un bouquin de la littérature africaine des Indépendances, mon pote, lui, fait autre chose. Il drague. Ou s’envoie en l’air, son sport favori. Activité libidinale qui lui a valu cet honorable surnom de DSK. Tout un symbole.

Ce Don Juan des temps modernes est un tombeur de gonzesses hors-pair depuis sa tendre enfance. Aucune meuf ne résiste à son charme. Car, vous l’avez sans doute deviné, mon ami-DSK est charmant. Beau et charmant. Prenez le sourire de Will Smith, collez-le sur le visage de Craig David, plantez une telle tête sur le corps de Justin Timberlake : vous avez mon pote tout craché. Bien baraqué, toujours tiré à quatre épingles, toujours parfumé. La classe.

Nul en grammaire et orthographe, mon ami n’en est pas moins un sacré orateur….pour les femmes. Jamais je  ne l’ai entendu défendre un point de vue sur un sujet de discussion en public. Il réserve sa verve, toute sa verve, à la gent féminine.

Charme et verve qu’il a usés pour se faire les plus belles nanas de sa génération. Les claires, les pas-très-claires, les brunes, les sombres, les noires-ébènes, les grandes, les courtes, les grosses, les grasses, les gracieuses, les minces, les sensuelles, etc., il a goûté à tout. Mais toujours belles. Suscitant notre jalousie. Moi en premier, qui collectionnais les échecs auprès des minettes, m’évertuant vainement à vouloir transposer dans la vraie vie les belles intrigues des romans à l’eau de rose qu’il m’arrivait de bouquiner. Non, rassurez-vous, pas des Harlequins. Piètre dragueur suis-je donc.

Tout le contraire de mon pote. Jusqu’à ce qu’il rencontra, il y a quelque temps, la nana à la base de sa quasi-dépression actuelle. Ayant décidé de s’assagir une bonne fois pour toutes en épousant la femme de ses rêves, ses talents de séducteurs impertinent lui  avaient permis de hameçonner cette meuf inoxydable venue d’horizon lointain. Belle créature. Un petit flirt et un accord : ils décident de se marier sous peu. C’est le pied. Sulfureux échanges de paroles mielleuses, de mails et SMS survoltés, de baisers langoureux et autres étreintes bandantes. Feeling in love. La mayonnaise a pris.

Et vlan ! Un beau matin, la belle stoppe tout. Tout net. Plus de coups de fil, plus de SMS, plus de câlins, plus de parole. Rien. Nada. Cerise sur le gâteau, elle met les voiles pour retourner de l’autre côté du grand lac salé d’où elle venait. Sans aucune explication.

Sauf celle que m’a fournie mon pote dépressif : il y a une semaine, il avait découvert que sa «puce» le trompait avec  pas moins de trois mecs, photos et vidéos brandies comme preuves. Il avait vivement protesté, elle l’a proprement viré. Une vraie Serial-dragueurs-Killer cette nana !

2 Commentaires

  1. J’ai l’impression de lire la version guinéenne d’une aventure du panda! Mais vous êtes rigolo les serial-blogueurs, avec vos « amis » et leurs aventures, comme le fameux « ami » de Mamady Keita et ses histoires de train, celui de Florian et sa toubab… Quand on commence un billet par « j’ai un ami », ça donne toujours au lecteur la tentation de creuser un peu sur l’identité du-dit ami! On est blogueur ou on ne l’est pas… Mondo-gossip

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