Mondoblog et moi : un an après

Presqu’un an déjà ! C’est l’âge de la maturité pour un blog. Petite précision : il manque à ce blog lui-même un mois et quelques jours pour célébrer son premier anniv’. Mais mon contact avec le projet Mondoblog, lui, a fêté le sien depuis le 31 juillet dernier. Pour ce soixantième billet, rien de mieux qu’un flash-back; une sorte de bilan pour analyser les hauts et les bas et se projeter dans le futur. Attachez votre ceinture !

A l’origine

C’était à Labé. Par une belle fin de soirée de 31 juillet 2010, jour ultime, je postais ma candidature pour le projet Mondoblog. Un CV, un formulaire à remplir et un article de 2500 caractères. Le projet Mondoblog porté par l’émission l’Atelier des Médias de Radio France Internationale en collaboration avec la Francophonie, le CESTI de Dakar, l’ESSTIC de Yaoundé, la Fondation Varenne et l’Ambassade de France à Dakar, visait le recrutement de 100 jeunes (moins de 30 ans) blogueurs francophones. Au final, les 20 meilleurs seront sélectionnés pour une dotation matérielle et une formation d’une semaine à Dakar ou à Yaoundé.

350 dépôts de dossiers pour finalement 100 sélectionnés, dont le mien. C’était la joie. Le 12 octobre 2010 je mets en orbite Ma Guinée Plurielle. C’est la concrétisation d’un rêve que je ruminais depuis un bon bout de temps. Ma passion de communicateur et mon envie de partager m’incitaient à créer un blog. Techniquement, j’étais limité. Mondoblog a résolu le problème.

Les hauts

Les premiers mois, c’était l’euphorie. Tout le monde semblait super excité. Une émulation s’est insidieusement instaurée entre nous. De Dakar à Yaoundé, de Lima à Moscou, les billets fleurissaient sur les blogs à un rythme soutenu. De l’autre côté à Paris, Ziad Maalouf, Simon Decreuze et Cédric Kalonji, le trio encadreur, nous abreuvaient des tutoriels.  « Etre clair, précis et concis ». Et même : « répondez au mieux à ces questions : qui, quand, où, comment et pourquoi ». Le classique du journalisme quoi. Merci les gars !

J’avais démarré avec les vaches de Labé, l’article qui m’a permis de gagner le concours. Puis Diallo-Cravate, notre pseudo-milliardaire en dollar. C’était vraiment bien parti. Un billet par semaine. Parfois deux, voire trois. J’ai gardé le rythme. Pour être honnête, je voulais être short-listé parmi les 20 meilleurs. Et c’est arrivé. Le 3 avril 2011 en effet, je m’envolais pour Dakar avec mon compatriote Fodé Kouyaté. Un voyage mémorable.

Côté formation, franchement je m’attendais à mieux. Mais c’était hyper sympa de rencontrer, enfin et pour de vrai, tous ses amis virtuels. S’y ajoutent mon premier voyage en avion, le fun de visiter Dakar, les perdiems et surtout un magnifique smartphone sur lequel je me rince l’œil comme pas permis. C’était ça la moisson.

En 11 mois d’existence ce blog a relativement réussi à se faire connaitre. Surtout hors des frontières de la Guinée. L’essentiel du lectorat est constitué de la diaspora guinéenne : Maroc, France, Etats-Unis notamment. Le feedback fait état de quelque 422 commentaires pour 60 articles (dont celui-ci), une citation de France 24 et quelques billets plagiés par d’autres sites. La fidélité de certains lecteurs, leurs compliments et encouragements sont un réel motif de satisfaction pour moi. Leur appui aussi. Une lectrice, Kadiatou Bah (de la France), m’a offert un superbe APN, le Pentax Optio H90. Une autre, Aïssatou Barry (de la Suisse), m’a dépanné avec trois moi de connexion mobile. Une troisième, Oumou Sow (des USA), m’a récemment connecté à des médias locaux pour une pub fabuleuse. Grand MERCI à elles et à toi qui lis ces lignes.

Pour les autres amis Mondoblogueurs, c’est la sympathie. La plateforme Mondoblog, le Groupe, la Page Facebook et les blogs sont des lieux d’échange et d’apprentissage pour moi. Certains ont réussi à me fidéliser, plus ou moins : David Kpelly, Florian Ngimbis, René Jackson Nkowa, Christelle Bittner, Kahofi Suy, Arouna Ba, Manon Heugel, Boukary Konaté, Assani Salim Azim, Assaleck Ag Tita, Charles Le Bon Vaudounon, Nelson Deshommes, Jean Paul Lwesso, Basile Niane, Abdoul Cissokho, Amara Soumah, Lala Ariniania, Andriamihaja, etc.

Groupe Mondoblog de Dakar

Les bas

A côté de ce relatif succès, il y a le revers de la médaille. Tout d’abord, il faut reconnaitre que les chiffres des visites sont un tout petit peu maigres par rapport à la période de 11 mois. C’est probablement dû au problème d’Internet en Guinée.

En effet, selon le site Internetworldstats, la Guinée ne compte que 95 000 internautes (Juin2010, soit 0,9% de la population). Contre 923 000 internautes (7,3%) pour son voisin le Sénégal ! Le pays est affublé d’une connexion internet basique qui bat tous les records de lenteur. Quand vous y ajoutez le sempiternel problème de courant électrique, Bloguer avec de la 3G dans ces conditions est loin d’être une partie de plaisir. Jusqu’à une journée entière pour rédiger un article, corriger, uploader des images et dispatcher le tout sur les réseaux sociaux ! Y en a qui me demande « t’as pas encore de boulot ? » Je réponds que non, sachant pertinemment que j’en ai un : bloguer !

Il y a, ensuite, le coût. Ma connexion mobile (de la daube) me revient à 450 000 francs guinéens par mois (46 €). Financièrement, c’est une saignée pour quelqu’un comme moi qui « travaillote ». Enfin, les difficultés sur le terrain. Parfois tu veux recouper des infos et quand tu dis : « je suis blogueur », t’es vite pris pour un « blagueur », un « extraterrestre » ! De ce point de vue, je m’en sors bien avec ma carte professionnelle de journaliste freelance. Heureusement !

Perspectives

Quel avenir pour ce blog ? Pour Mondoblog ? Je ne saurais y répondre avec précision. Pour ce qui me concerne, j’ai pas encore publié mon dernier billet. Le « pacte » que j’ai implicitement signé avec vous lecteurs et ma passion de bloguer, encore vivace, me poussent à continuer. En dépit des difficultés. Le partage est un vrai bonheur.

J’ambitionne de mieux référencer le blog sur la galaxie Internet, lui apporter un lifting aux couleurs locales et puis en faire…un Blook! Oui, j’ai envie de le transformer en livre électronique pour les résidents dont l’accès à Internet reste un casse-tête. C’est un projet, je pense que ça arrivera…

Pour ce qui est de la plateforme, c’est sûr que son avenir dépend de celui des blogs. Il faut reconnaitre que l’engouement initial s’est quelque peu émoussé. Il y a une espèce d’essoufflement. Sur les 100 blogueurs retenus, seule une petite quarantaine reste active et encore ! Sur le Mur du Groupe Mondoblog, certains annonçaient récemment leur retrait temporaire à cause des problèmes d’accès à Internet (le coût). Ceci semble être un problème général !

Pour pallier à cela, pourquoi ne pas penser à la monétisation du site, ne serait-ce que pour un temps limité? Des revenus publicitaires pourraient aider certains à remonter la pente pour être mieux actifs, donc plus productifs. D’autres solutions, comme faire du publireportage sur un thème commun, comme nous le faisons régulièrement, est également envisageable pour assurer la gestion pérenniser le projet; tout comme une meilleure implication de l’OIF…Des pistes de solution en droite ligne de l’interrogation de Ziad Maalouf sur l’avenir de Mondoblog.org, « fasciné par l’énergie qui anime la plateforme, la coopération entre les membres, la diversité des sujets, la qualité de nombreux billets ».

Quoi qu’il en soit, c’est une vraie école pour tous. Des encadreurs dévoués et super cools, des échanges fructueux entre blogueurs, une ambiance fun et jeune. La pérennisation de tout cela est un défi. Saura-t-on le relever ?

 

11 Commentaires

  1. Pourquoi personne ne dit jamais « Douala »?

    Alimou, tu décris là le calvaire que la majorité d’entre nous subit chaque fois qu’il faut publier un billet. Moi même j’ai souvent reporté la publication d’articles (ou pire perdu l’inspi) à cause d’une connexion capricieuse ou une coupure de courant électrique, car contrairement à beaucoup, je ne rédige pas sur papier avant d’effectuer la saisie. Je procède à « chaud » si on peut dire ça ainsi.

    En tout cas, beaucoup de courage. Et de passion aussi, puisqu’il en faut pour tenir un blog.

    1. « Pourquoi personne ne dit jamais « Douala »? » Euhh! tu fais référence à quoi? En tout cas en cliquant sur le lien de l’Esstic on est redirigé vers…Yaoundé!

      On a là des points communs: je rédige aussi à « chaud » (Word est mon partenaire) et pour la connexion…non, là sans déconner je te bats en lenteur! Sérieux. Merci pour les encouragements, la passion, elle, je la porte en bandoulière. Amitiés

  2. Ta plume m’a séduit, et je suis vraiment content de lire ton article. tiens bon mon pote. je suis avec toi. tous les jours et pour toujours. avec cette plume, je tenais ma petite nana loin de toi.

    1. « avec cette plume, je tenais ma petite nana loin de toi. » Ah oui Deshommes, comme tu crois que ma plume peut amasser des nanas!!! Et bien si tel est le cas à Haïti alors prépare mon arrivée mon gars. Super sympa, merci.

  3. Merci pour tous les efforts que tu fais pour nous écrire des articles d’une très haute qualité! Je t’encourage à persévérer sur cette lancée car inch Allah le meilleur est à venir, mon frère.

  4. slut Mr alimou gt souhaite bonne chance et surtout du courrage
    tu arrivera jusk au bout Incha ALLAH.INNAMA AL OUSRI YOUSSRAN
    MERCI

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *