Top 10 de types de maris guinéens préfabriqués

Couple - Crédit image: cerfdellier.com

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Il n’y a pas que les hommes qui ont des préjugés sur le sexe opposé. Les filles en ont aussi avec une certaine discrétion. Elles n’en parlent pas souvent, par pudeur, mais y pensent tout le temps.

A la question de savoir quel type de mari tu voudrais épouser ? La réponse est convenue : « Un homme fidèle, responsable et qui m’aime », c’est-à-dire un héros de la collection Harlequin. Chimérique.

Mais comme c’est le terrain qui commande, elles ont le choix entre :
#10 – Les polygames

« C’est Dieu qui nourrit » est la devise des  polygames, véritables industries ambulantes de gosses (surtout les analphabètes) : 2, 3, 4 épouses (voire plus) et une ribambelle de marmots. Les polygames mènent une vie pimentée. Leur quotidien est fait de bruit et de querelles entre coépouses. Ils vivent au milieu d’un harem et passent leur temps à jouer au médiateur ou au sapeur-pompier. Ils contribuent à la réduction de la population de femmes célibataires, certes. Mais dans la  plupart des cas une femme qui épouse un polygame est une divorcée. Dieu commande aux polygames d’être équitables entre leurs épouses, mais beaucoup pensent que leur péril viendra de leur partialité en faveur de la « bâtè » (préférée).

#9 – Les tontons

Ils ont d’jà franchi le cap de la cinquantaine, mais entendent toujours croquer la vie à pleines dents. On dit que les tontons adorent trois choses : la musique classique,  l’actualité politique et les petites mineures auprès desquelles ils rêvent de se taper une cure de jouvence. Les tontons ont cela de tentant leur propension à dépenser pour leur « love ». Ils sont prêts à casser la tirelire pour entretenir la minette, élevée au rang de « bâtè », au détriment de leur 1ère, 2e ou 3e épouse. Ils traînent une image d’infidèles et disposent toujours d’un « second bureau », pense-t-on.

#8 – Les débrouillards

Ils sont employés chez tonton « Débrouillardise ». Ils sortent aux aurores et rentrent au crépuscule. Toujours avec la même incertitude. Toujours avec la même mine de macchabée déterré. Les débrouillards vivent au jour le jour. Les affaires sociales sont leur péché mignon. Dans l’espoir qu’on leur rende la monnaie quand ce sera leur tour. Ils détestent les femmes dépensières. Epouser un débrouillard, c’est comme jouer à la roulette russe : tu gagnes ou tu meurs. Toujours nerveux et aigris, ils ont la gâchette facile. Quand le ton monte, ils peuvent facilement distribuer des mandales à madame. Quand ils sont de bonne humeur ils lui promettent des châteaux en … Espagne !

#7 – Les « démarreurs »

Ce sont des machines à sous. On dit qu’ils « démarrent », ils sont donc pleins aux as : villa (s), voiture (s), compte (s) en banque (le fameux VVC) et tous les accessoires qui vont avec. Les démarreurs sont pour les filles célibataires ce qu’est la lumière pour les insectes : attractifs. Malheureusement, certaines arrivent pour se brûler les ailes. Les démarreurs se sentent forts de leur richesse. Ils sont convoités par everybody. C’est elle qui parle pour eux quand ils sont en quête d’une femme. Certes, y en a qui sont humbles et généreux, mais la plupart sont réputés casse-couilles, totalement aveuglés par leur argent. Les analphabètes d’entre ceux-là adorent collectionner les femmes, belles et nombreuses. En Guinée quand un « démarreur » meurt, ce sont deux ou quatre femmes qui partent en fumée veuvage !

#6 – Les diaspos

Ce sont les Guinéens de la diaspora qui, grâce à Marc Zuckerberg, ont tous trouvé la terre promise : Facebook. Ils y vivent, s’organisent, organisent des concerts, des débats, des expositions, des exhibitions, des élections et même des marches de protestation. On dit qu’épouser un « diaspo », c’est partir habiter sur Facebook. C’est vivre l’amour par procuration. Trois ans, cinq ans, jusqu’à 10 ans de communication virtuelle sans rencontrer le bien-aimé. Y en qui se marient, causent, se querellent et divorcent sans jamais se voir ! Pourtant, les diaspos ont connu leur heure de gloire. Dans un passé très récent, ils avaient la côte auprès des belles demoiselles qu’ils raflaient à coup de billets d’euro ou de dollar. A l’époque, un « diaspo » était présumé « futur  démarreur ». Mais ça, c’était avant. La crise est passée par là, Skype a remplacé le téléphone. Désormais, un « diaspo », s’il ne vit pas en Angola, est présumé «futur vigile » en Occident.

#5 – Les étudiants

Ils incarnent l’espoir, mais ils incarnent surtout la précarité. Derrière les chemises immaculées et repassées d’un étudiant guinéen se dissimulent la galère et le ressentiment. Ceux inscrits dans les écoles publiques comptent sur une misérable bourse abusivement qualifiée « d’entretien ». On pense qu’épouser un étudiant, c’est entrer par effraction à l’école de la vie où les cours sont dispensés par monsieur « la conjoncture ».

#4 – Les cousins

Ils sont les dignes représentants de l’endogamie. Un mariage entre cousins est un raccourci de mariage. C’est une liaison arrangée en famille. Une belle demoiselle aux yeux d’ambre se voit offrir à son boutonneux de cousin par son propre père. Quel gâchis ! Un mariage entre cousins qui réussit est un ferment de cohésion familiale. Malheureusement, c’est souvent le contraire qui se produit. On pense qu’épouser son cousin, c’est savoir avaler des couleuvres. Le problème est que le mari considère sa femme comme sa sœur et non pas comme son épouse légitime. Au moindre pépin, il se sent investi la mission de la « corriger ». La lune de miel ne tarde pas à devenir la lune de fiel. Le clash est retentissant.

#3 – Les hommes en uniforme

Ils constituent la dernière bouée de sauvetage à laquelle s’accroche une fille célibataire désespérée. Ils inspirent la méfiance. Policier, gendarme et militaire sont réputés autoritaires et violents. On pense, à tort ou à raison, qu’ils règlent les différends conjugaux non pas au tour de la table, mais à la force du ceinturon et des brodequins. Ils ont certes un revenu constant (leur solde) et une dotation en ration alimentaire à la fin du mois, mais comme leurs ennemis amis étudiants, ils connaissent aussi la précarité. Sur le champ de bataille de la loterie, les hommes en uniforme sont des guerriers invincibles. Quand ils implorent le Seigneur, c’est pour deux choses : toucher le jackpot ou bénéficier d’une élévation en grade.

#2 – Les fonctionnaires

On pense qu’ils sont plus pingres que Harpagon ; qu’on ne « mange pas leur argent ». Mais ont-ils seulement de l’argent à manger ? Payés au lance-pierre, les fonctionnaires (de l’Etat) mènent une vie de galérien : bancarisés, surendettés, frustrés. Le fonctionnaire guinéen est un être écartelé et tendu en permanence. Il est irritable et lunatique. Pour les filles, entrer chez un fonctionnaire c’est entrer dans les « Sérès ». C’est s’abonner à la tontine et aux « Mamayas », faire la queue à « Yété Mali », ne pas rater le 20 h 30 de la RTG si le courant est de tour, laver et repasser (au charbon) « Abacost » et « Borsalino », apprendre à lire et à interpréter les résultats de « Guinée Games ».

#1 – Les jeunes cadres :

Ils sont reconnaissables à leur toilette impeccable : costard-cravate (même par 40° C), souliers resplendissants, faux Rolex au poignet, iPhone ou SG4 constamment vissé à l’oreille. Ils sentent bon et parlent affaires. A midi, les jeunes cadres ne mangent pas : ils « déjeunent ». Dans les restos et non pas aux « tourne-dos » (gargotes). Ils sont la coqueluche des demoiselles en quête de mari, séduites par ce style de vie raffiné sorti tout droit des écrans télé. Il se dit que cette espèce de maris gère la popote familiale sur un tableur Excel. Chaque dépense est calculée au centime près. Leur boulot passe avant les affaires sociales qu’ils perçoivent comme des sources de dépenses imprévues. Ils louent des appartements sur mesure pour éviter tout envahissement familial. Travail – prospérité – liberté est leur devise, le scrabble leur « hoby ».

NB : Ce billet fait suite à celui consacré aux filles et ne reflète pas forcément le point de vue de l’auteur. Dans les deux cas, il s’agit d’un ramassis de préjugés sociétaux avec leur part de vérité et de mensonge.

8 Commentaires

  1. Merci lims pour cette belle replique, c’est extra ordinaire, mais je pense que t’as oublié les commerçants, qui sont de vrai amateur de la musique poodaa. Ils passent leur journée dans le magasin tentant de trouve un peu de tunes pour pouvoir aller le soir venu a leur soiré favorite de poodaa, ou dance, belle fille et bierre se melange et marche bien.

  2. On pense qu’épouser un étudiant, c’est entrer par effraction à l’école de la vie où les cours sont dispensés par monsieur « la conjoncture ».

    J’ai adorée celle là! Beau duo d’articles qui se répondent. Ils me font un peu penser à ceux qu’avait écrit Danièle sur la séduction à la kamer : http://natila.mondoblog.org/2014/01/21/welcome-to-the-wonderful-world-of-cameroonians-girl/
    et
    http://natila.mondoblog.org/2014/01/14/la-seduction-a-la-camerounaise-mais-allo-quoi/

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