Google Suggest: bienvenue dans le royaume des préjugés et autres conneries

« Pourquoi les femmes ont des jambes? » Rassurez-vous mesdames, j’ai toute ma tête et je suis tout sauf un macho. Personnellement, je ne poserais jamais une telle question, mais quelqu’un d’autre l’a fait! Vous brûlez d’envie de savoir « qui ». Je vais vous décevoir: je ne sais pas! Par contre, à la question de savoir « où » la question a été posée, j’ai des pistes.

 Et c’est loin d’être un endroit caché, puisqu’il s’agit de votre moteur de recherche préféré: Google. Plus précisément le service appelé Google Suggest ou saisie semi-automatique. Une fonctionnalité qui « prédit et affiche des requêtes basées sur les activités de recherche des autres internautes” comme le définit le plus grand moteur de recherche au monde lui-même.

C’est un truc qui parait anodin, de sorte qu’on n’y prête pas attention des fois. Tu commences à saisir un mot clé dans la barre de recherche du moteur et tu as des suggestions qui apparaissent au fur et à mesure. Des mots et expressions déjà utilisés par d’autres internautes sur Google. Beaucoup de ces suggestion sont si pertinences que l’on clique sur la première occurrence sans avoir à terminer notre mot ou expression. En revanche, la plupart sont si bizarres, si farfelues et si déroutantes qu’elles inspirent un billet de blog, comme celui-ci.

Passons à la pratique. Lancez Google et commencez à saisir: « pourquoi les femmes »

Récidivons  avec « pourquoi les hommes »

Pendant qu’on y est, faites « pourquoi RFI ». Et inévitablement on tombe sur la grève.

Née en 2008, cette fonctionnalité dont le premier avantage est, selon Google, de « Reposer vos doigts » a déjà valu des ennuis à la firme de Mountain View.

En effet, en mai dernier, ce sont pas moins de quatre association françaises, SOS Racisme, l’Union des étudiants juifs de France, J’Accuse – Action Internationale pour la justice, et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qui ont assignée Google en justice. Elles dénonçaient notamment l’association du mot « juif » à la recherche portant sur des personnalités françaises.

Avant, taper le nom de François Hollande dans la barre de recherche, équivalait à voir des suggestions comme  » François Hollande 2012, François Hollande Programme » et « François Hollande est juif ». Pareil pour François Fillon et autres grosses pontes de la jet-set française. L’affaire avait fait grand bruit, obligeant le géant Google à marcher sur des œufs pour ne pas créer un précédent judiciaire qui pourrait provoquer sa chute. Une médiation entre les parties a été initiée et semble avoir porté ses fruits puisque la saisie semi-automatique du nom de Barack Obama ne renvoie plus à … musulman! Tout comme Hollande à juif.

Mais au-delà de cet aspect juridique, c’est surtout la psychologie des internautes d’un pays ou d’un groupe social donné que Google met à nu. Et l’on se rend compte que les préjugés, eux, ne sont pas cloisonnés entre des frontières. Sinon pourquoi demander à Google « Pourquoi les Noires puent »?!?

« Les Français sont les moins fréquentables de la planète »?

Je suis persuadé qu’à cette allure pour savoir quand et où éclatera la troisième guerre mondiale, les analystes devraient se tourner vers Google. Qui semble tout savoir et tout avoir. Puisque constituant une impressionnante base de données que nous l’avons aidé à constituer avec consentement: pour faire des recherches, c’est Google Recherche, gérer nos courriers Gmail, nos vidéos YouTube, nos documents Google Documents, nos photos et identité Google Plus, etc.

Avec l’arrivée sur les terminaux  mobiles du tout dernier service du moteur de recherche, Google Now, supposé nous connaitre mieux que les membres notre famille, que quelqu’un ose me dire que Google n’est pas tout simplement Internet.

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