Le Maouloud 2011 au clair de la lune…, comme au village!

lecteur du coran

« …des ampoules qui scintillent partout. Des lampadaires autour de la mosquée, dans la rue ; des guirlandes accrochées dans ma chambre, mon lit est inondé de lumière…. » ! Je me réveille brusquement, interrompant le rêve ! Il est 9 heures en ce mercredi, 16 février 2011. C’est jour férié. Dans ma tête, résonnent encore le bruit du moteur et les refrains des cantiques chantés la veille à la gloire du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui). Cette nuit, c’était le Maouloud célébrant sa naissance. Chez nous, avec 95% des musulmans de la population, le Maouloud est tout un  évènement pour certains. Comme pour tout évènement, on s’y prépare. Et en ce début 2011, même en pleine capitale Conakry, le Maouloud se fête au clair de la lune, comme au village !

La veille, le Conseil de Mosquée de mon quartier avait multiplié les réunions pour régler les derniers détails. Les contributions des fidèles et une part puisée dans la caisse du Conseil ont permis de dégager une coquette somme en guise de Budget. Au menu : du riz, des colas, des rafraichissants, du thé pour tenir les « Malokos » éveillés,  et un solide taureau devait mordre la poussière. Et puis quelqu’un a eu la sagesse d’évoquer le problème du carburant pour le petit groupe électrogène. « Même en ce jour de Maouloud, je ne pense pas que le courant viendra » ; sa phrase s’est avérée prémonitoire par la suite !

« Incha Allah, on se retrouvera ici à 22H 00 pour commencer la lecture du Saint Coran. Après, nous ferons une pause pour  prendre une collation, ensuite, commenceront les cantiques jusqu’à l’aube et, enfin, nous clôturerons la nuit par des bénédictions et le Khatm », décrète le deuxième imam de notre mosquée, après la prière de Icha’a. Exit, la biographie du Prophète. Pourquoi ? Allez savoir. Moi, je me pointe à la mosquée à 23 heures 5, un coran sous le bras gauche, le bras droit occupé à égrainer un long chapelet, mon appareil photo numérique en bandoulière. Je m’installe près d’une poutre, position idéale quand, vers 1H du matin, la tête commence à s’alourdir sous l’effet de la fatigue et de la chaleur.

Je profitais souvent pour sortir me rafraichir. Dehors, la lune, comme pour se venger de l’Electricité de Guinée (EDG), voguait nonchalamment  dans le ciel, baignant de son bel éclat les quartiers de Conakry. Devant un tel spectacle, je me suis mis à me rappeler de la fête au village. Je devais avoir 8-9 ans. J’ai revu ces scènes de joie, où en groupe, mes amis et moi nous nous rendions à Missidé (où se trouve la mosquée) pour fêter le Maouloud ou le Laylatoul Ghadr (la nuit du Destin). Le paysage de carte postale que nous traversions était enveloppé du clair de lune. Au loin, la sublime voix des chanteurs de cantiques à la gloire de Mohamed (PSL) nous parvenait en écho, à travers la forêt. J’ai revu ce pain blanc qu’on nous distribuait à la volée, le riz local que nous mangions avec la sauce qui dégoulinait des nos coudes…Une piqûre de moustique me sort violemment des mes rêveries !

A 1H 10, l’imam annonce que le coran a été lu 5 fois. Les fidèles prennent une pause pour la collation. Les intraitables gamins du quartier bondissent sur les aliments comme des vautours sur un cadavre. Je me résous à prendre un sandwich dans un café d’à coté. Au retour, gagné par le sommeil, je titubais plus que je ne marchais. Les cantiques que l’on débitait sonnaient faux, comparés à mes souvenirs d’enfance. Je range mes cliques et claques et regagne la maison en tâtant les murs obscurs.

Pendant ce temps, la lune, l’astre de Dieu, brillait encore de toute sa clarté dans le ciel de Conakry. Au loin, les aboiements des chiens couvraient la voix nue de ceux qui faisaient les présentations des parrains et marraines de  leur « Maouloud ». Attitude dont se désolent les adeptes du courant Wahabite, qui sans doute, dormaient tous à poings fermés durant cette fête qu’ils qualifient de « Bid’a » (pure invention). A peine couché, je suis immédiatement plongé dans un rêve où apparaissent « …des ampoules qui scintillent partout. Des lampadaires autour de la mosquée, dans la rue… » !

Alimou

8 Commentaires

  1. Très cool texte koi !
    ça rappelle vraiment le bon vieux temps !
    Malgré les souffrances qui assaillent la population, malgré les difficultés auxquelles elle est confronté, elle fait tout pour se rapprocher de son Créature.
    Que Dieu lui apporte Paix et Bonheur !!!!!!!!

    1. je t’avoue man que le récit est captivant au depart comme dans un roman tu nous ballades dans ton enfance tu fais des paralèles entre l’astre divin et le fruit tant convoité de l’ingeniosité humaine l’electricité et bla bla mais la fin est trop à mon goût soft ,brusque comme si tu n’arrivais plus à trouver quoi mettre pour boucler ton article sinon tu as un talent d’écriture bonne chance frerot

      1. Merci Bigel. « mais la fin est trop à mon goût soft ,brusque comme si tu n’arrivais plus à trouver quoi mettre pour boucler ton article ». Au fait, comme tu l’as remarqué, les billets des blogs ne sont généralement pas assez longs. La Génération Facebook n’aime pas lire les textes longs, parait-il! Tu as vu mon article avec l’oeil d’un lecteur de Roman, revois-le avec celui d’un lecteur de Nouvelle. Peut-être que…enfin! En tout cas merci du soutien!

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