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Ma guinée plurielle
28. sept.
2011
Insolites
4

Le jargon des officiels guinéens

Depuis l’indépendance de la Guinée voici 53 ans, les officiels guinéens, à travers leur langage emblématique, ont écrit un véritable bréviaire d’expressions imagées. Extraits.

–      Nous ne ménagerons aucun effort pour… : De Touré à Condé, cette expression a traversé les âges. C’est le leitmotiv de rares inaugurations d’édifices publics par les gouvernants, de remise de dons (encore plus rares, sauf en période électorale), de réception de doléances ou de lancement de programmes de développement foireux tous azimuts. Les ministres en sont les dépositaires agréés ; ils ne ménagent aucun effort pour sa perpétuation en maintenant le pays dans…l’ornière.

–      La Guinée est une famille : C’est manifestement la plus populaire et la plus controversée. Un certain Néné Moussa Maléya y a consacré un bouquin à forts relents d’ethnologie et d’anthropologie. Des critiques ne manquent pas de lui remonter régulièrement les bretelles par médias interposés. En temps de paix, le concept est jeté aux oubliettes. Dès qu’une crise survient on le ressort, le dépoussière. Des officiels embouchent alors le Vuvuzela de la paix, se relayant à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), véritable caisse de résonnance de baratins, pour s’époumoner : « La Guinée est une famille ». Mon œil !

–      Sortir le pays de l’ornière : C’est le refrain en temps de crise. Et Dieu sait que la Guinée en connait des crises. Depuis pratiquement six ans, chaque fin d’année est synonyme de cassage de gueules en règle. Et  à chaque fois, des acteurs qui ont justement contribué à foutre le pays dans le pétrin font feu de tout bois, jouent les bons samaritains clamant que c’est pour sortir le pays de l’ornière ! Avec la dernière crise en date entre pouvoir et opposition au sujet des législatives, l’expression est plus que jamais en vogue.

–      Aller de l’avant : celle-ci a surtout fait fureur en 2007.  C’est Rabiatou Serah Diallo, l’actuelle présidente du CNT (Conseil National de la Transition, un machin qui fait office d’Assemblée Nationale) qui détiendrait le brevet d’invention. Lors de la crise insurrectionnelle qu’a connue la Guinée en 2007, Rabiatou qui était à la tête du Syndicat, ne ratait aucune occasion pour claironner qu’on doit « aller de l’avant, pour que le pays aille de l’avant,…». En 2011, nous sommes arrivés à ce « avant » : elle est passée du Syndicat au CNT et le pays a fait du surplace côté crises.

–      L’Etat c’est moi, la Justice c’est moi : Son auteur, le Général Conté, a tiré sa révérence fin 2008. Il l’avait lancée deux ans plus tôt, en décembre 2006 en sortant de taule son ami Mamadou Sylla. L’effarante formule a servi de détonateur aux insurrections qui ont suivi cette libération faisant plusieurs morts et blessés parmi les civils et des destructions d’édifices publics et privés sans précédent. Même si aucun officiel ne reprend cette expression à son compte, les gens ordinaires l’emploient souvent pour se marrer ou pour rappeler la confiscation du pouvoir par l’Exécutif dans ce p’tit bout de territoire de 245 857 km2. A l’époque, le pays était allé très loin !

–      Le pays vient de loin : Autre rengaine en temps de guerre. Cette formule, en guise de dissuasion, est utilisée par les « en-haut-de-en-haut » pour rappeler les pages sombres de l’histoire du pays. En clair, les différents complots de Sékou Touré (1971), le pogrom contre les officiers Malinkés en 1985 par Lansana Conté, les évènements « douloureux » de 1993, 1996, 2006, 2007, 2010 et la boucherie de Dadis du 28 septembre 2009, entre autres. La liste est longue ; à chaque fois le sang coule et le pays continue à aller de l’avant en (re)venant de loin !

–      Guinea is back : c’est la toute dernière née. Elle est signée Alpha Condé, l’actuel locataire du palais Sékoutouréyah. « Guinea is back » a-t-il lancé le 21 décembre 2010 lors de son investiture devant un parterre d’homologues africains. Son sens est flou et se prête à toutes les interprétations. Pour les pro-Alpha, c’est le retour de la Guinée dans le concert des nations. C’est une simple démagogie rétorquent ses détracteurs. Soit. En tout cas, la formule continue à faire des émules. Ministre, secrétaires, généraux, commis de l’Etat, simples courtisans se sont mis à l’anglais pour sa répétition. Entre Guinée et Guinea (prononcez Guinéya), c’est chacun comme il peut dans la prononciation. L’expression est souvent associée au concept de « changement », un autre fourre-tout ronflant, cheval de bataille d’Alpha Condé. Elle a même accouché une ONG ! S’il est opportuniste le Guinéen ?

–      Le Président de la République, … : Après ces mots, on ajoute simplement le nom du président dans bien d’Etats démocratiques. Chez nous ce serait de l’indécence. Les prédicats présidentiels prennent ici des allures d’épilogue. Ainsi, avec le premier président, Sékou Touré, c’était : Son Excellence le Président Ahmed Sékou Touré, l’Ami du Peuple, le Responsable Suprême de la Révolution. Le 2ème,  Conté, se faisait appeler : Son Excellence le Président de la République, Commandant en Chef des Forces Armées, le Général Lansana Conté. L’actuel, Condé, élu et civil, s’adjuge un modeste: Son Excellence, le Président de la République le Professeur Alpha Condé. C’est le bouillant capitaine Dadis qui s’est emparé du pouvoir en décembre 2008 à la mort de Conté qui détient le record. Il faut dire qu’il est recordman dans beaucoup de domaines lui. Prenez une longue inspiration pour lire : Son Excellence Monsieur le Président de la République, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement, Commandant en Chef des Forces Armées Guinéennes, le Capitaine Moussa Dadis Camara ! Excusez du peu. Ces prédicats, quoique kilométriques, étaient systématiquement répétés à chaque fois que l’on faisait référence à lui. Jusqu’à un soir de 3 décembre 2009 où un certain Diakité « Toumba » Dadis. Comme le titrait, dans ce subtil jeu de mots, l’hebdo satirique Le Lynx, consacré à sa tentative d’assassinat de la part de on aide de camp Touma Diakité.

Et vous, connaissez-vous d’autres expressions de nos officiels ? 

 

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19. sept.
2011
Rencontres
6

Les 10 commandements de la drague made in Conakry

La pratique de la drague à Conakry, comme partout ailleurs, obéit à des codes qui évoluent avec le temps. Voici 10 de ces codes tirés d’une petite enquête étoffée par mon expérience perso. A votre galanterie, prêt? Draguez!

  1. De la poésie, tu t’en passeras! C’est assez curieux de virer la poésie dans les relations amoureuses, mais y a bien longtemps que les meufs de notre capitale sont devenues imperméables aux : « je me noie dans le bleu des tes yeux » et autres « mon ange », style Roméo et Juliette. Tu peux mémoriser comme un disque dur toute l’œuvre de Shakespeare, tu risques de passer pour un minable rigolo en débitant vers et proses devant des minettes qui ont un cœur d’artichaut ! Elles préférent les entendre dans les chansons, les séries télé ou les lire dans un Harlequin.
  2. Des fleurs, tu te méfieras. Ce commandement fait suite au précédent pour coller à la logique : les fleurs flirtent avec la poésie. En homme galant tu trimballes une belle rose qui tu veux offrir à une nouvelle cible, tu es vite catalogué « débutant ». « C’est pas fleur on mange », on te dira. Les fleuristes le savent tous : en dehors de la nuit du 14 février (Saint-Valentin), de celle du 31 décembre (Saint-Sylvestre) ou lors la Foire Internationale de Conakry (FIC), personne ne leur demande combien coûte une fleur ; à part les nouvelles mariées qui veulent transformer le salon en verger pour mieux appâter leur « diaspo » de mari de retour au bercail !
  3. Du m’as-tu-vu, tu useras. Tu veux passer pour « Monsieur Réglo » qui boit du Fanta et hait le tabac ? Et bien tu en prendras pour ton grade. C’est pas exclu que tu dégotes une copine à la fin, mais tu auras sué sang et eau. Si tu veux aller droit au but, passe plutôt pour une star débordée : des gars t’embêtent pour une histoire de sous ou de véhicule, t’as une rencontre avec des personnalités, ton grand frère veux t’amener au Canada, etc., alors que « ta » montre-bracelet Rolex (contrefaçon), la voiture que t’as et même les baskets et le costard que tu portes sont du « Yeffoussé » (empruntés). Tu deviens ainsi un « Kambéremba » (fanfaron), mais c’est pour la bonne cause et ça paye…si la biche ne le découvre pas tout de suite !
  4. Des cartes de recharge, tu achèteras. Pour toi d’abord bien sûr, mais aussi et surtout pour elle. Si vous êtes abonnés chez le même Opérateur, tu es sauvé. Tu souscris à un plan tarifaire. Les SMS et transferts de crédit s’en trouvent facilités. Sinon, bonjour la galère. Chacun de ses bips signifie une carte de recharge ou un transfert de crédit vers son téléphone. Les montants inférieurs à 5000 GNF s’abstenir. Pour un début, faudra mettre le paquet pour espérer toucher le…Graal !
  5. Au resto, tu l’amèneras. C’est classique le resto, donc quasiment incontournable. La bouffe à Conakry est sacrée et même… sucrée pour les filles ! Si tu n’invites pas au resto, c’est que t’es un pommé, un vulgaire étudiant. Repérer le restaurant en question et se renseigner sur les prix du menu avant le jour J est une bonne précaution, même si elle est insuffisante. Il faut avoir la poche remplie plus qu’il n’en faut car la cible est capable de débarquer avec sa « meilleure copine », histoire de tester ta solidité financière ! Sans parler du prix du transport que les taximen sans pitié majorent en cas de déplacement si tu n’es pas « véhiculé ».
  6. Bien sapé et parfumé, tu seras. Il ne s’agit pas d’avoir forcément Gucci ou Puma de la tête aux pattes (même si ce serait un avantage). Mais les gos d’ici détestent les gars mal fringués. « Etre présentable », c’est leur crédo. Jean, chemise et baskets « Old School » feront l’affaire, le tout accompagné par un bon déo (un Nivea Homme acheté à Madina). Y en a qui parachèvent la collection par un morceau de sparadrap collé à lobe de l’oreille, à défaut d’une vis. C’est désavantageux des fois ! Tout comme le smoking qui fait trop Bill Clinton. Certaines ne kiffent pas cet excès de « sérieux » ! Le style Jay Z et compagnie fait encore du tabac par ici.
  7. Trop sérieux, tu n’en seras point. S’emballer en inondant sa messagerie de SMS ou transformer son téléphone en standard de Call Center dès le premier jour est contreproductif. Si tu persistes, tu es vite étiqueté « emmerdeur » avec comme réponses à tes jérémiades : « je te rappelle, je suis avec ma mère », « mon téléphone était sur silencieux », « je dormais », et pititi et patata ! Le mieux c’est de pratiquer ce que des « experts » qualifient ici de désintéressement intéressé. C’est-à-dire, sans l’ignorer trop longtemps, réduire le contact au strict nécessaire, passant ainsi pour un homme occupé. Se faire important, grosso modo (Confer Commandement 3).
  8. Sur Facebook, tu t’inscriras. C’est la tendance. Sinon de quoi veux-tu que vous causiez autour du plat au resto ? Comment veux-tu qu’elle te montre ses dernières tofs (le jargon compte hein), puisque sortir son album photo classique se ringardise petit à petit ? Comment pourras-tu répondre quand elle te demandera si t’as du taf ? Il convient donc d’être un Facebookeur. Par contre parler de Twitter, de « Hashtag », de « RT », etc. peut apparaitre élitiste et la faire passer pour une « Bala » (Niaise), ce qui serait une erreur fatale pour un premier rencart.
  9. Ses copines, tu convaincras. Beaucoup de nanas vivent en solo, évitant le groupe de filles comme de la peste. Mais en milieux scolaire et estudiantin, c’est rarement le cas. Elles évoluent en petits groupes et les mecs sont systématiquement notés par les copines intimes. Le « être présentable » apparait ici plus que jamais important. Il est donc vital de faire bonne impression aux copines de la cible : paroles, gestes, fringues, petits présents (les recharges !). C’est auprès d’elles qu’il faut sortir l’arsenal Bling-Bling. Si la note est favorable, la copine-cible, même réticente, sera convaincue. Mais le jour où ses colistières se transformeront en Standard and Poor’s, t’es dégradé, dépôt de bilan assuré !
  10. Du courage, tu t’armeras. C’est vrai qu’en dépit de l’application correcte des 9 précédents commandements, il arrive que la proie ne morde pas à l’hameçon. Ou pas tout de suite, comme tu l’espérais. Alors que reste-t-il à faire ? Redoubler de courage et prendre ton mal en patience. Parfois ça dure, se complique mais finit par se concrétiser. Il est important de savoir que la fille la plus consentante affiche toujours une attitude de refus pour se faire désirer et importante. C’est humain. Savoir déceler cela à temps est capital pour ne pas tomber dans le panneau. Et si ça ne marche pas du tout, malgré tout, le prendre avec philosophie. Elle joue probablement le même jeu avec 5 autres protagonistes ! Tout comme toi…

 

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14. sept.
2011
société
9

En chair ou en os ?

«Qui diable est mieux qu’une demoiselle taille de guêpe, leste et effilée avec une poitrine modérée ? Une fille au corps débarrassé de graisse inutile et mortelle dont tu raffoles, une gazelle au regard perçant, à la démarche angélique,…? Je suis tout simplement abasourdi par ton manque de goût et de raffinement », réplique Amara 29 ans, plein de dépit face aux affirmations de son ami et voisin.

«  Une femme qui a du poids, qui possède un tour de taille grand comme ça. Une femme fessue, aux formes généreuses, aux lèvres pulpeuses, qui possède une poitrine ensorcelante,…Une femme qui, quand elle marche, te donne envie de solliciter des jours de bonus auprès du Seigneur pour rallonger ton existence ! Et bien, ce genre de femmes, j’adore tout simplement », venait de bégayer son ami Alpha, trentenaire, les yeux mi-clos tel un bouddhiste en plein méditation pour mieux se représenter « sa » femme idéale.

« Comment préférez-vous les femmes : grosses ou minces » ? J’ignorais totalement qu’en posant cette question à des jeunes diplômés chômeurs qui diluent leurs soucis dans un thé à l’ombre du manguier, j’allais toucher la corde sensible du poète caché en eux. Tout un programme…

Au milieu des années 1990 dans les pays au sud du Sahara, comme la Guinée, la Sierra Léone ou la Côte d’Ivoire, l’image d’une certaine femme modèle de beauté a été instillée dans les esprits. Un corps svelte, une chevelure abondante, une démarche gracieuse. C’est la belle femme occidentale valorisée par la pénétration massive dans les foyers des chaines de télé du bouquet satellitaire. Les feuilletons télévisés ont fait le reste. Il ne fallait pas plus pour que fleurissent un peu partout dans nos coins noirs des Naomi Campbell pas belles. Les adeptes de ce modèle se sont vite imposées un régime alimentaire très strict pour avoir un corps de mannequin qui cachait mal une anorexie sévère. Au grand dam des parents qui n’y voyaient que perversion et mimétisme…

Plus au Nord dans certains pays du Sahel comme le Niger et la Mauritanie des peuplades avaient recours au gavage pour embellir les demoiselles en âge de se marier. Cette pratique ancestrale consistait à faire ingurgiter des quantités phénoménales de nourritures à une gonzesse pour lui donner un physique de rêve, débarrassé de tout aspect squelettique signe de laideur et de pauvreté. Le tout était minutieusement préparé et chapeauté pour une nurse obéie au doigt et l’œil. La pratique, dans sa forme achevée, est quasiment tombée en désuétude, l’émancipation de la femme aidant…

De nos jours on assiste de plus en plus dans les villes guinéennes, notamment à Conakry la capitale, à la résurgence de l’image de la femme grosse comme modèle de beauté. Un corps adipeux, une poitrine généreuse, un fessier dégoulinant de cholestérol. Ce sont des « Boul-Boul », des bulldozers qualifiés de « rondes » pour faire élégant. Une surcharge pondérale due à des facteurs divers et variés.

Tout d’abord une alimentation incontrôlée, trop riche en sucre, féculents et graisse. Ensuite, la sédentarité aggravée par le manque de pratique de sports. Le moindre déplacement est motorisé, l’habitude aidant, la paresse s’est installée. Enfin, la propension de plus en plus grande des hommes à préférer celles qui sont grosses dans les relations amoureuses.

« Quelle que soit la beauté d’une femme, si elle n’est pas grosse je m’en tape moi », s’est écrié un taximan l’autre jour. Pour remplir ce critère de beauté, certaines filles n’hésitent pas à faire appel à des méthodes plutôt…musclées. Leur menu est constitué des recettes qui rappellent les gavages au Sahel. D’autres poussent l’aplomb jusqu’à recourir à une automédication réputées efficace, infligeant ainsi une cure d’austérité (tiens, tiens !) à leur bourse frappée de cachexie (Re-tiens, tiens) ! Elles se gavent d’une mystérieuse pilule au nom bizarre de « Guéckédou » qui ne tarde pas de les expédier six pieds sous terre.

J’ai connu une de ces filles au physique merveilleusement bien dessiné (pour moi) et qui du jour au lendemain, a pris la décision fatale de consommer du Guéckédou. En moins d’un mois elle est devenue gonflée comme une montgolfière. On aurait dû que tout son corps était parcouru d’œdèmes. Trois mois de sursis et elle est partie les pieds devant !

Les conséquences de ce phénomène «d’obésité sollicité » est catastrophique. Sur le plan sanitaire, les maladies cardiovasculaires, avec en filigrane l’hypertension artérielle, se promènent entre de jeunes femmes d’à peine quarante ans. Y en a qui disent que pour être belle, il faut souffrir. Sans vouloir trop généraliser, mais je suis étonnamment frappé par l’inclinaison des femmes contemporaines à martyriser leur corps: cure d’amaigrissement, gavage, bronzage, gommage, tatouage, piercing, dépigmentation,… Tout ça pour le paraitre, pour les yeux des autres, des mecs que nous sommes, puisqu’il s’agit bien de nous !

Et vous, comment les préférez-vous : en chair ou en os ?

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31. août
2011
Fêtes
2

Célébration de la fête du ramadan en deux temps !

Officiellement la Guinée a célébré l’Aïd-el-fitr, la fête marquant la fin du mois saint de ramadan, ce mardi 30 août 2011. A l’instar d’autres pays comme la France, l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Seulement voilà, beaucoup de fidèles musulmans observaient encore le jeûne ce même mardi ! Au grand dam du communiqué du Secrétariat Général aux Affaires Religieuses annonçant solennellement la veille la fin du ramadan de l’an 1432 Hégire. Où se trouve le hic ?

C’est tard ce lundi 29 aout que les autorités religieuses se sont fendues d’un communiqué appelant à célébrer l’Aïd-el-fitr mardi à 9 heures. Communiqué saupoudré d’une répartition des imams de la capitale invités à diriger la prière dans des lieux définis. La nouvelle est tombée comme un couperet ; bien après l’accomplissement de la Nafila (Tarâwih) dans les différentes mosquées. Bonjour la pagaille ! Le téléphone arabe aura tourné à plein régime.

En fait, beaucoup estimaient que la fête devait avoir lieu le mercredi 31 aout. D’autant plus que personne n’a aperçu le croissant lunaire le 29ème jour appelé « la nuit du doute ». Un doute hideusement renforcé par des gros et méchants nuages qui sont venus obscurcir le ciel de Conakry au moment où tous les regards étaient braqués vers le couchant.

C’est donc à l’improviste que les musulmans et musulmanes ont été conviés ce mardi aux aires de prière que beaucoup ont préféré bouder. C’est le cas de ce trentenaire croisé dans un taxi qui garde une sacrée dent contre La Ligue Islamique Nationale et le Secrétariat, l’instance politique. « Ce sont »…engage-t-il, « …des zélés à la solde du pouvoir. Pourquoi ne pas prévenir les gens assez tôt afin qu’on prenne des dispositions ? », s’interroge-t-il, vêtu d’une simple chemise pour marquer sa démarcation. Un discours que balaye cet autre d’un revers de la main : « nous avons commencé en même tempes que la Mecque, il n’ya pas de raison que l’on continue alors qu’eux ils ont prié », argumente-il, fringué d’un basin Bamako flambant neuf. Il est vrai que les musulmans de Guinée ont entamé le jeûne du ramadan de cette année en même temps que l’Arabie Saoudite, terre de l’islam. Sans que là aussi, l’apparition du croissant lunaire, marquant le début du jeûne, ne soit formellement établie sur le plan local.

Et c’est bien là le problème ! Depuis plus d’une décade, la fixation du début et de la fin du mois de ramadan est sujette à polémique en Guinée. A chaque fois, les autorités religieuses font dans le mimétisme ou procèdent par empirisme pour déterminer le début ou la fin du mois saint. Pourtant, un Guinéen bardé de diplômes de théologie islamique, Dr Alhoussein Diallo, a réussi à mettre au point un calendrier du mois lunaire jugé « infaillible » pour l’observation du ramadan. Celui-ci annonçait la fête le mercredi 31.

La Ligue islamique en fait fi. Ses décisions portent souvent l’empreinte du pouvoir politique. Les sermons qu’elles rédigent pour les imams en font foi. Aussi, une superstition veut ici que la coïncidence entre un vendredi et un jour de fête est maléfique pour le président de la République. Alors une fête qui tombe normalement un vendredi est systématiquement décalée samedi ou jeudi. En leur temps, les Présidents Sékou Touré et Lansana Conté ont abondamment usé de ce mystérieux subterfuge.

Cette énième cacophonie a sacrément gâché la fête pour les musulmans qui n’ont pas eu le temps de la préparer. La couture de la tenue de fête a été bâclée par les tailleurs submergés, les femmes n’ont pas eu le temps de se rendre méconnaissables en se greffant de nouveaux ongles, de nouveaux chevaux et se tatouer pieds et mains au henné. Pire, bien de fêtards ont passé la moitié de la journée du mardi sans manger, les femmes n’ayant pu se rendre au marché la veille comme d’habitude.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ceux qui ont tiré profit de cette impréparation sont les enfants qui ont bénéficié d’un jour supplémentaire pour réclamer leur Salimafö (aumône) et les vaches qui ont échappé au rituel génocide !

 

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28. août
2011
Vie rurale
4

La chasse à l’écureuil

Un souvenir réveille un autre. En lisant le billet de René Jackson sur la chasse au rat qu’il pratiquait lors de ses vacances de « braconnier » au village, mes souvenirs d’enfance me sont remontés par flots entiers. Celui en particulier de la chasse à l’écureuil.

C’était au village, bien sûr ! Je devais avoir 8 ou 10 piges. L’âge des canailleries, des batifolages, des chapardages, d’apprentissage du Coran mais aussi des…braconnages. Disons de chasse plutôt, car personne ne l’interdisait. Qui oserait y songer d’ailleurs ? L’écureuil, le malheureux animal, était notre proie préférée, le gibier qui souffrait le martyre de notre cruauté infantile.

Mes amis d’enfance et moi prenions les cours de l’école coranique dans un village (Missidé) distant de trois kilomètres du mien. Une forêt luxuriante séparait les deux hameaux. C’était le repaire des écureuils, leur habitat de prédilection. La planche qui servait d’ardoise en bandoulière, nous étions constamment armés de lance-pierres parés à tout bout de champ. A l’époque, être un Söly (celui qui n’est pas circoncis) et ne pas posséder un lance-pierre équivaut actuellement à vivre en ville sans téléphone portable ! Ce serait « vintage ».

Dans cette forêt, nous organisions régulièrement des battues funestes pour les écureuils. Armés de nos lance-pierres, des cailloux, des bâtons et épaulés par des chiens squelettiques, on rabattait l’animal dans le but de le coincer soit dans un trou, soit  au faite d’un Kouratier (essence végétale locale). Dans le premier cas, nous nous empressions de l’enfumer à l’aide des branchages et des brindilles hâtivement arrachés aux flancs des coteaux. Si, par contre, l’écureuil choisissait de se camoufler au sommet d’un arbre, nous nous en donnions à cœur joie de le lapider avec tout ce qui est objet contondant jusqu’à c’est que mort s’en suive ou jusqu’à ce qu’il décide de se sauver par un vol plané suicidaire. C’est dans ce dernier cas qu’intervenaient les chiens qui, souvent, déchiquetaient le pauvre écureuil avant notre intervention à coup des « Hey Médor, arrête ! ». S’il arrivait qu’il ne soit pas mort sous les crocs des clébards (les écureuils sont résistants), l’un d’entre nous se chargait de l’euthanasier en lui tranchant la gorge par un canif dangereusement aiguisé !

Le raffut était indescriptible. Nous nous délections à raconter les moindres détails de la capture du rongeur arboricole dans un style digne d’un roman de Camara Laye. L’animal ainsi supplicié, sa fin était encore plus pathétique.

Dès après la capture, les plus petits d’entre nous étaient chargés, sans ménagement, par les « grands » de trouver des cacahuètes grillées et de la poudre de manioc. L’écureuil doit finir en boulettes. Une commission spécialement constituée le dépeçait habilement. Une autre devait chercher des bois morts pour la cuisson. Ensuite, une troisième commission le pilait dans un mortier en ajoutant une quantité incroyable de poudre de manioc et de piment. Ceux qui se chargeaient de la cuisson étaient les grands, avec en tête, celui dont la pierre a atteint la bête le premier ou le propriétaire du chien qui l’a attrapé. L’animal de quelques grammes pouvait banalement générer entre 80 et 120 boulettes !

C’était pour les besoins du partage. Car nous étions à la fois nombreux (quelques fois 25) et affamés ! Pourtant les plus petits, ou ceux qui n’ont pas participé à la battue, se contentaient du bouillon. Véritable lavasse épicée qu’ils avalaient goulument en laissant ruisseler sur leurs bedaines crasseuses des gouttelettes qui formaient des rayures zébrées. Les grands se tapaient la part belle et personne n’osait rouspéter au risque de se voir infligé l’épreuve de ramener un autre écureuil tout seul. Tout un programme puisque les rongeurs, à force d’être traqués, s’en fuyaient à la moindre alerte. Nous étions devenus leur bête noire.

Ces chasses à l’écureuil étaient terriblement chronophages ! Nous passions toute la journée à monter et démonter des plans pour trouver et tuer les rongeurs. Nous payions souvent ce temps perdu par des fessées d’anthologie que nous infligeait notre Karamökö (Maître coranique) pour avoir séché un cours. Les parents qui s’percevaient du chapardage de la poudre de manioc et des arachides, distribuaient d’éblouissantes paires de claques aux auteurs. Pourtant, tout cela ne nous dissuadait guère de traquer, de tuer et de manger de l’écureuil. Souvenirs, souvenirs…

 

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17. août
2011
Nouvelles Technologies
11

Mondoblog et moi : un an après

Presqu’un an déjà ! C’est l’âge de la maturité pour un blog. Petite précision : il manque à ce blog lui-même un mois et quelques jours pour célébrer son premier anniv’. Mais mon contact avec le projet Mondoblog, lui, a fêté le sien depuis le 31 juillet dernier. Pour ce soixantième billet, rien de mieux qu’un flash-back; une sorte de bilan pour analyser les hauts et les bas et se projeter dans le futur. Attachez votre ceinture !

A l’origine

C’était à Labé. Par une belle fin de soirée de 31 juillet 2010, jour ultime, je postais ma candidature pour le projet Mondoblog. Un CV, un formulaire à remplir et un article de 2500 caractères. Le projet Mondoblog porté par l’émission l’Atelier des Médias de Radio France Internationale en collaboration avec la Francophonie, le CESTI de Dakar, l’ESSTIC de Yaoundé, la Fondation Varenne et l’Ambassade de France à Dakar, visait le recrutement de 100 jeunes (moins de 30 ans) blogueurs francophones. Au final, les 20 meilleurs seront sélectionnés pour une dotation matérielle et une formation d’une semaine à Dakar ou à Yaoundé.

350 dépôts de dossiers pour finalement 100 sélectionnés, dont le mien. C’était la joie. Le 12 octobre 2010 je mets en orbite Ma Guinée Plurielle. C’est la concrétisation d’un rêve que je ruminais depuis un bon bout de temps. Ma passion de communicateur et mon envie de partager m’incitaient à créer un blog. Techniquement, j’étais limité. Mondoblog a résolu le problème.

Les hauts

Les premiers mois, c’était l’euphorie. Tout le monde semblait super excité. Une émulation s’est insidieusement instaurée entre nous. De Dakar à Yaoundé, de Lima à Moscou, les billets fleurissaient sur les blogs à un rythme soutenu. De l’autre côté à Paris, Ziad Maalouf, Simon Decreuze et Cédric Kalonji, le trio encadreur, nous abreuvaient des tutoriels.  « Etre clair, précis et concis ». Et même : « répondez au mieux à ces questions : qui, quand, où, comment et pourquoi ». Le classique du journalisme quoi. Merci les gars !

J’avais démarré avec les vaches de Labé, l’article qui m’a permis de gagner le concours. Puis Diallo-Cravate, notre pseudo-milliardaire en dollar. C’était vraiment bien parti. Un billet par semaine. Parfois deux, voire trois. J’ai gardé le rythme. Pour être honnête, je voulais être short-listé parmi les 20 meilleurs. Et c’est arrivé. Le 3 avril 2011 en effet, je m’envolais pour Dakar avec mon compatriote Fodé Kouyaté. Un voyage mémorable.

Côté formation, franchement je m’attendais à mieux. Mais c’était hyper sympa de rencontrer, enfin et pour de vrai, tous ses amis virtuels. S’y ajoutent mon premier voyage en avion, le fun de visiter Dakar, les perdiems et surtout un magnifique smartphone sur lequel je me rince l’œil comme pas permis. C’était ça la moisson.

En 11 mois d’existence ce blog a relativement réussi à se faire connaitre. Surtout hors des frontières de la Guinée. L’essentiel du lectorat est constitué de la diaspora guinéenne : Maroc, France, Etats-Unis notamment. Le feedback fait état de quelque 422 commentaires pour 60 articles (dont celui-ci), une citation de France 24 et quelques billets plagiés par d’autres sites. La fidélité de certains lecteurs, leurs compliments et encouragements sont un réel motif de satisfaction pour moi. Leur appui aussi. Une lectrice, Kadiatou Bah (de la France), m’a offert un superbe APN, le Pentax Optio H90. Une autre, Aïssatou Barry (de la Suisse), m’a dépanné avec trois moi de connexion mobile. Une troisième, Oumou Sow (des USA), m’a récemment connecté à des médias locaux pour une pub fabuleuse. Grand MERCI à elles et à toi qui lis ces lignes.

Pour les autres amis Mondoblogueurs, c’est la sympathie. La plateforme Mondoblog, le Groupe, la Page Facebook et les blogs sont des lieux d’échange et d’apprentissage pour moi. Certains ont réussi à me fidéliser, plus ou moins : David Kpelly, Florian Ngimbis, René Jackson Nkowa, Christelle Bittner, Kahofi Suy, Arouna Ba, Manon Heugel, Boukary Konaté, Assani Salim Azim, Assaleck Ag Tita, Charles Le Bon Vaudounon, Nelson Deshommes, Jean Paul Lwesso, Basile Niane, Abdoul Cissokho, Amara Soumah, Lala Ariniania, Andriamihaja, etc.

Groupe Mondoblog de Dakar

Les bas

A côté de ce relatif succès, il y a le revers de la médaille. Tout d’abord, il faut reconnaitre que les chiffres des visites sont un tout petit peu maigres par rapport à la période de 11 mois. C’est probablement dû au problème d’Internet en Guinée.

En effet, selon le site Internetworldstats, la Guinée ne compte que 95 000 internautes (Juin2010, soit 0,9% de la population). Contre 923 000 internautes (7,3%) pour son voisin le Sénégal ! Le pays est affublé d’une connexion internet basique qui bat tous les records de lenteur. Quand vous y ajoutez le sempiternel problème de courant électrique, Bloguer avec de la 3G dans ces conditions est loin d’être une partie de plaisir. Jusqu’à une journée entière pour rédiger un article, corriger, uploader des images et dispatcher le tout sur les réseaux sociaux ! Y en a qui me demande « t’as pas encore de boulot ? » Je réponds que non, sachant pertinemment que j’en ai un : bloguer !

Il y a, ensuite, le coût. Ma connexion mobile (de la daube) me revient à 450 000 francs guinéens par mois (46 €). Financièrement, c’est une saignée pour quelqu’un comme moi qui « travaillote ». Enfin, les difficultés sur le terrain. Parfois tu veux recouper des infos et quand tu dis : « je suis blogueur », t’es vite pris pour un « blagueur », un « extraterrestre » ! De ce point de vue, je m’en sors bien avec ma carte professionnelle de journaliste freelance. Heureusement !

Perspectives

Quel avenir pour ce blog ? Pour Mondoblog ? Je ne saurais y répondre avec précision. Pour ce qui me concerne, j’ai pas encore publié mon dernier billet. Le « pacte » que j’ai implicitement signé avec vous lecteurs et ma passion de bloguer, encore vivace, me poussent à continuer. En dépit des difficultés. Le partage est un vrai bonheur.

J’ambitionne de mieux référencer le blog sur la galaxie Internet, lui apporter un lifting aux couleurs locales et puis en faire…un Blook! Oui, j’ai envie de le transformer en livre électronique pour les résidents dont l’accès à Internet reste un casse-tête. C’est un projet, je pense que ça arrivera…

Pour ce qui est de la plateforme, c’est sûr que son avenir dépend de celui des blogs. Il faut reconnaitre que l’engouement initial s’est quelque peu émoussé. Il y a une espèce d’essoufflement. Sur les 100 blogueurs retenus, seule une petite quarantaine reste active et encore ! Sur le Mur du Groupe Mondoblog, certains annonçaient récemment leur retrait temporaire à cause des problèmes d’accès à Internet (le coût). Ceci semble être un problème général !

Pour pallier à cela, pourquoi ne pas penser à la monétisation du site, ne serait-ce que pour un temps limité? Des revenus publicitaires pourraient aider certains à remonter la pente pour être mieux actifs, donc plus productifs. D’autres solutions, comme faire du publireportage sur un thème commun, comme nous le faisons régulièrement, est également envisageable pour assurer la gestion pérenniser le projet; tout comme une meilleure implication de l’OIF…Des pistes de solution en droite ligne de l’interrogation de Ziad Maalouf sur l’avenir de Mondoblog.org, « fasciné par l’énergie qui anime la plateforme, la coopération entre les membres, la diversité des sujets, la qualité de nombreux billets ».

Quoi qu’il en soit, c’est une vraie école pour tous. Des encadreurs dévoués et super cools, des échanges fructueux entre blogueurs, une ambiance fun et jeune. La pérennisation de tout cela est un défi. Saura-t-on le relever ?

 

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10. août
2011
société
4

Le ramdam du Ramadan

douar-nevez.fr

« Quand débute le Ramadan, les portes célestes s’ouvrent, les portes de l’enfer se ferment et les démons sont enchainés ». Cette parole prophétique (Mohamad, paix et salut sur lui), rapportée par Abou Horaïra se vérifie plus que jamais dans la capitale guinéenne, Conakry, par les temps qui  courent. Au 10ème jour du 9ème mois de Ramadan de l’an 1432 Hégire, les démons qui hantent habituellement Conakry ploient sous le poids des chaines divines.

Depuis le début du mois saint, le changement est perceptible dans les rues de la ville. Comme celles de l’enfer, les portes des gargotes habituellement prises d’assaut le matin par d’indécrottables mangeurs de riz, restent closes. Leurs tenancières se sont occasionnellement reconverties en vendeuses de pain ou de chinoiseries au marché de Madina. Pareil pour les portes d’innombrables débits de boisson, surnommées maquis par les « connaisseurs » de Conakry, capitale d’un pays à 95% musulman. Les brasseries tournent au ralenti, côté consommation. Idem pour les restos et les discothèques.

Un cure-dent dans le coin de la bouche, on se livre à un véritable festival de crachat. C’est comme dans une compète. Sur le plan vestimentaire, les garçons s’affublent de caftans circonstanciels pour les heures de prière. Les jeans et autres chemises « Kem’s » ont rejoint la garde robe pour les 30 jours de pénitence. Quant aux jeunes filles aguichantes, bizarrement appelées « guinguettes », elles ont troqué leurs collants, leurs hauts, leurs bodys DVD (Dos et Ventre Dehors) et leurs pantalons « slim » contre d’amples habits taillés dans du tissu local ou importés des pays arabo-musulmans. Leur tête à la Rihana ou au style Singleton est désormais coiffée de jolis foulards ou d’un hijab iranien. La belle voix de l’imam Abderrahaman Soudais a temporairement remplacé celles de Takana Zion ou de Justin Bieber pour les sonneries des téléphones portables. Le Coran est omniprésent.

Les mosquées, surmontées de puissants haut-parleurs, affichent plein. A toute heure. Les prières surérogatoires de la Nafila (Tarâwih) le soir, battent des records de participation. La circulation routière est bloquée aux alentours des lieux de culte. Qu’il pleuve ou qu’il vente des jeûneurs qui boudaient en temps normal les cinq prières quotidiennes obligatoires, affichent leur pitié à fleur de peau. Le ramdam est indescriptible. Certains imams se prêtent au jeu. Ils dirigent les dix raka’as (prières) traditionnelles de la Nafila avec une célérité qui flanque le tournis. Tout s’enchaine en rafale. Derrière eux, beaucoup de fidèles éprouvent de la peine, en position courbée, à retenir les morceaux de tô ou la bouillie de maïs avalés à la six-quatre-deux pour la rupture. On les appelle les imams « Yoni-Yoni ». En 10 ou 15 minutes maxi, ils vous libèrent!

Du tô

L’autre catégorie, ce sont les imams « Saoudiens ». Ne s’alignent derrière eux que ceux qui ont une patience à toute épreuve. Et une santé de fer. Vous sentez la tournure des évènements dès l’entame avec la Fatiha (1ère sourate du Coran).  La récitation est nonchalante, tatillonne, mélodieuse. Les syllabes se détachent nettement et s’allongent comme de l’élastique. Les dix raka’as peuvent banalement prendre une heure trente minutes, voire deux heures. Pire que Soudais sur la télévision de la Mecque.

Entre ces deux extrémités, difficile de trouver un juste milieu. J’en ai trouvé moi. Je suis veinard. L’imam de notre mosquée de quartier est vraiment génial. Sans tomber dans le système Yoni-Yoni, il ne nous entraine pas non plus dans le mimétisme mecquois. Seul le Salli (muezzin) est prompt. En dehors du Ramadan il est accusé d’être trop rapide dans son appel à la prière. Alors je ne vous dit pas quand il le fait pour la prière du Maghrib annonçant la rupture du jeûne! Sacré Salli Bella !

En marge de cette piété de façade pour certains, et réelle pour d’autres, les musulmans de Conakry sont confrontés à d’interminables bouchons. Faire un tour au centre ville (Kaloum) par exemple relève d’une gageure. L’obscurité, l’insécurité et la précarité viennent noircir le tableau. Le résultat est une tension ambiante à couper au couteau. Les rixes entre apprentis Magbana et voyageurs harassés et colériques sont monnaie courante.

De tout cela, ce qui me tape personnellement dans le système, ce sont ces SMS intempestifs du genre : « tu as X minutes pour envoyer blabla à 15 personnes… » ou « le Foutouro a fait un accident machin…. » qui atterrissent dans ma boite de messagerie aux alentours de 17 heures ! J’ai souvent envie de faire la peau à leurs auteurs. Mais,…« les portes célestes sont ouvertes ».

Et vous, comment ça passe dans votre ville ?

 

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31. juil.
2011
Médias
4

Familia et Renaissance Fm : « je t’aime, moi non plus »

Contenu Renaissance URL Familia

« Il n’y a jamais eu en Guinée un jugement aussi équitable que celui qui a concerné la crise au sein de Familia Fm aboutissant à la création de Renaissance Fm », fait valoir un fidèle auditeur à qui je demande son avis. Entre Familia et Renaissance, c’est un peu comme une histoire de « je t’aime, moi non plus » à la Gainsbourg. Deux radios communautaires du paysage médiatique de Conakry au passé commun avec des similitudes déroutantes et dont les dirigeants actuels se détestent cordialement. Qu’en est-il réellement, que sont devenus ces deux médias ? J’y ai fourré le museau pour essayer de savoir davantage.

Au troisième étage d’un immeuble engoncé dans le quartier de Cosa dans la banlieue chaude de Conakry, Caleb Kolié le Directeur Général de Familia Fm 105.3 me reçoit dans son nouveau bureau, l’air détendu. D’amples rideaux tapissent les murs. Des photos, notamment une sur laquelle il pose avec le capitaine Dadis Camara, l’ex-chef de la junte qui a pris le pouvoir après la mort de Conté. A mon entrée, il lève les yeux sur un écran d’ordinateur où défilent les images des caméras de surveillance qui scrutent l’intérieur et l’extérieur du bâtiment.

« Monsieur Kaleb, à quand remonte la création de Familia Fm nouvelle version » ? La réponse de l’animateur fulgurant de l’émission « Société débat », est un  rectificatif : « écoutez, il n’y pas de Familia nouvelle version ; Familia existe depuis le 15 décembre 2006 ». Avant de préciser : « c’est vrai qu’en début 2011 il y a eu une crise à la radio qui a entrainé sa suspension par le CNC [Conseil National de la Communication].

En effet, le 3 mars 2011 le CNC a percé l’abcès. Après une crise à rebondissements qui empoisonnait depuis quelque temps les relations entre Caleb Kolié et Colette Bodais, une expatriée canadienne vivant en Guinée, au sujet de la paternité de Familia Fm, l’Institution de régulation de la presse a décidé de couper la poire en deux. Caleb Kolié hérite du nom de la radio Familia ainsi que de la fréquence 105.3, tandis que Colette Baudais garde le matériel et les locaux. Familia dépecée, prenait ainsi fin un contentieux qui avait résulté par le fractionnement du personnel de la radio en deux clans, paralysant complètement son fonctionnement.

L’origine du problème ? Ben, c’est selon l’auteur des explications ou du clan auquel il appartient. C’est l’émission Société débat qui « dénaturait » le caractère communautaire de Familia en prenant des accents trop politiques et faisait ainsi ombrage aux autres émissions, explique-t-on du côté de Mme Colette.

« Y avait un problème de leadership » rétorque Caleb. « Elle [Madame Colette, NDLR) voulait diriger seule, elle ne voulait plus supporter mon leadership parce qu’à côté de moi elle se sentait petite ; donc il fallait créer quelque chose pour quitter la radio. Heureusement elle a sa propre radio maintenant, elle peut évoluer… », explique Caleb Kolié, visiblement amer. Il se souvient que c’est « un complot organisé contre moi alors que j’étais en Suisse. Des gens que j’ai recrutés voulaient coûte que coûte m’évincer oubliant que c’est moi qui ai créé cette radio ».

M. Kolié explique qu’à travers ses nombreuses relations, il œuvre à présent pour redonner à sa nouvelle Familia son statut d’antan : « la radio communautaire la plus écoutée de Conakry ». Pour cela il compte selon lui sur l’ancien noyau de Familia Fm, étoffé par quelques recrutements pour un personnel « d’environ 70 travailleurs ». L’émission phare  Société débat « continue et innove ». Et M. Kolié d’exulter : « nous allons bientôt lancer la chaine Familia TV et un projet de distribution d’images ».

Visant son regard sur celui sur sa photo en compagnie de Dadis, j’observe: « vous parlez de relations et je vous vois aux côtés du président Dadis,….» ? Sa réponse est cinglante : « Le capitaine Dadis, j’ai de très bonnes relations avec lui. Mais même le Capitaine Dadis ne m’a pas donné un seul franc, s’il a son argent qu’il appelle pour témoigner ». Je fais la même observation concernant une rumeur selon laquelle l’actuel ministre de l’Energie Papa Koly Kouroumah aurait financé la nouvelle Familia. « Pas du tout, Papa Koly n’a pas un franc dans cette radio, aucune personne n’a son argent dans cette radio ; tout est mon argent », assène-t-il. Puis il révèle « j’ai dépensé  570 millions [francs guinéens] pour  mettre la radio en place, j’ai commandé le matériel depuis Paris qui m’a coûté 18 000 euros ».

Caleb Kolié, DG Familia Fm

« J’estime alors que vous avez des activités auxiliaires en dehors du journalisme, M. Kolié » hasarde-je. Celui qui se fait appeler « L’enfant de Galakpaye » du nom d’une petite bourgade située à 17 km de la préfecture de N’Zérékoré, insiste sur son réseau de relations et précise qu’il « ne peut pas avoir de problème sans trouver de solution» avant de concéder qu’il fait aussi de la « consultation » pour les autres.

Avant de dire au revoir, je fais un tour dans les studios. Ils sont parfaitement insonorisés. Du matériel neuf. Sur un pupitre paresse une journaliste bercée par des rythmes de la forêt. Je m’extirpe enfin des locaux de la radio pour m’engouffrer dans le grouillant carrefour de Cosa dont les images défilent en live sur l’écran de Caleb Kolié.

A quelque trois kilomètres de là, à Koloma-marché, le siège de Renaissance Fm 95.9 sur la route Le Prince. L’ancien siège de Familia Fm donc. Renaissance a été lancée le 20 mai 2011. J’ai rendez-vous avec la Directrice-adjointe de la radio, Anne Marie Camara. Belle mise, elle se montre accueillante. « Prenez place Monsieur Sow ». Bureau bien ciré. Je décline mon identité et l’objet de ma visite. Je suis redirigé vers le Directeur de l’info, Salomon Yédidya Dopavogui. Ici, on veut afficher profil bas et se montrer procédurier. Devant M. Dopavogui, je répète la même chanson que tout à l’heure avec  sa supérieure hiérarchique. « Je vous propose de faire une demande, là je suis pris par le temps Monsieur Sow », s’excuse-t-il. J’argumente pour que l’entretien ait lieu, on finit par trouver un consensus sur le facteur temps. Procédurier et méfiant donc, suspicieux à la limite.

« Comme vous le savez, Renaissance Fm est née d’un contentieux » engage le dirlo de l’info sur un ton teinté de dépit. Saisissant la perche, je veux justement surfer sur cette vague. Il avertit : « si c’est vraiment pour le contentieux, je ne peux pas en parler, pour nous c’est de l’histoire ancienne ». Puis il lâche « nous ne faisons pas de l’animosité contre quelqu’un ». Qui le fait alors, relance-je ? « Ecoutez, je ne sais pas mais y en a qui le font ».

Le reste de l’entretien tourne essentiellement autour du personnel et de la grille des programmes. J’apprends qu’ils ont gardé « 95% de l’effectif» des journalistes de l’ancienne Familia et que Renaissance Fm compte une trentaine d’employés et s’appuie sur un réseau de 28 correspondants. Elle émet, en plus du Français langue officielle, dans les principaux dialectes du pays. Sa grille couvre les questions sociales, communautaires, de santé et de l’environnement. Je laisse échapper la question qui me titillait : « Monsieur Salomon, honnêtement, n’avez-vous pas perdu votre audimat après le changement de nom et de fréquence » ? Il se veut rassurant : « renseignez-vous, je vous assure que nos auditeurs nous sont fidèles. Ils connaissent les animateurs et les émissions qu’ils ont l’habitude d’écouter ».

Avant de quitter, j’ai envie de faire un tour dans les studios pour fixer une image. « Non, désolé il faut faire une demande écrite pour ça » me rétorque M. Salomon ! Pareil pour rencontrer Madame Colette la Directrice Générale, il pense d’ailleurs que « ce n’est pas nécessaire ». Procédurier dans l’âme je vous ai dit.

Une crise au sein d’une radio qui donne naissance à une autre, enrichissant ainsi la bande FM de Conakry. Les biologistes appelleraient cela une reproduction par scissiparité. Apparemment, l’une comme l’autre font le bonheur des auditeurs à l’image de celui-ci qui affirme : « je garde la fréquence 105.3 et le nom Familia Fm et j’adore les émissions et les journalistes de Renaissance Fm ». Cet auditeur résume bien la situation car en tapant l’URL de l’adresse web de l’une ou l’autre des deux radios dans votre navigateur vous êtes redirigé vers https://www.familiafm.com avec du contenu signé Renaissance FM ! Comment les webmasters appelleraient ça eux ?

 

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24. juil.
2011
Insolites
18

Le portrait d’Ada Camara n’aura pas lieu !

Ada Camara

« Personne n’est inaccessible à personne. La possession des sublimes n’est fermée qu’à ceux qui préfèrent les livres à la vie et la mort aux baignades ». Cette citation du réalisateur Français, Yann Moix, est, au détour d’une lecture, restée accrochée comme une feuille de chêne dans un coin de mon cerveau. J’en ai fait un sacerdoce dans la construction de mes relations amicales et professionnelles. J’y croyais ferme. Je viens de l’apprendre à mes dépens en voulant dresser le portrait d’Ada Camara, célèbre animatrice radio de Conakry.

Tout a commencé avec ce nouveau thème : « qu’entendez-vous à la radio », proposé aux Mondoblogueurs par l’Ivoirien Kahofi Suy. Nous avons le choix entre : décrire l’univers de la radio dans nos villes respectives, parler de nouveaux projets et de nouvelles initiatives concernant la radio, montrer le rôle de la radio dans l’information et l’éducation de la population ou encore faire le portrait des animateurs (trices) de ces radios.

J’ai choisi  l’option du portrait. Le portrait d’UNE journaliste serait cool, pensais-je. Pour faire les choses  « à la bien », j’ai opéré une espèce de casting pour retenir cinq noms parmi les célèbres animatrices radio à Conakry : Delphine 2 (Espace Fm), Mariame Baldé (Renaissance Fm), Ada Camara (Espace Fm), Hawa Touré (RKS) et Rougui Cissé (Sabari Fm). J’ai ensuite lancé un sondage sur mon Mur Facebook à l’intention de mes lecteurs pour choisir une parmi elles.  A l’issue d’un vote quelque peu timide, le nom d’Ada Camara s’est retrouvé en tête.

N’ayant pas son contact téléphonique, j’ai alors entrepris de lui griffonner le message suivant  que je lui ai balancé en MP via Facebook (nous sommes amis) et sur son mail ( je l’ai pêché sur ses infos Facebook) :

Bonjour Ada,

Je suis Alimou Sow, journaliste freelance et blogueur guinéen vivant à Conakry. Mon blog, Ma Guinée Plurielle, fait partie du réseau Mondoblog de RFI. Cette semaine nous avons comme thème: la radio. Dans mon cas spécifique, j’ai décidé de faire le portrait d’UNE journaliste guinéenne. Pour ce faire j’ai lancé une espèce de sondage sur mon profil FB en sélectionnant cinq noms dont le tien. Le vote est encore en cours mais à cette date tu arrives en tête.

Je souhaite donc faire ton portrait qui sera publié sur mon blog et sur la plateforme Mondoblog ainsi que sur le site de l’émission l’atelier des médias de RFI. Si tu es d’accord, fais-moi savoir ici ou en m’appelant au 68 48 15 00. Le plus tôt sera le mieux car les publications doivent se faire la semaine prochaine.

Pour te donner une idée de ce que je voudrais comme infos, je te prie de faire un tour sur le blog (). Tu pourras y découvrir des portraits que j’ai déjà rédigés, notamment celui de OSCAR le caricaturiste du lynx. C’est dans la catégorie portrait ou fais une petite recherche.

Je sais compter sur toi et sache que mes lecteurs (qui semblent être également tes fans) qui ont voté pour toi attendent impatiemment de lire ton portrait.

Bien à toi.

Alimou

Deux jours, trois, puis six,…pas de réponse. Je me suis dit qu’il faut passer à la vitesse supérieure pour obtenir son numéro de téléphone et l’appeler. Dans la quête, je me souviens avoir récemment croisé une ancienne connaissance, devenue technicien à Espace Fm. Lui-même je n’ai pas son numéro, mais je connais quelqu’un qui pourrait le connaitre. Je joins ce « quelqu’un » qui me le file. Je le compose : « Allô, c’est Alimou Sow, on s’est connu à Sabari Fm alors que j’étais correspondant à Labé. L’autre fois on s’est rencontré à Planète Fm ». Au bout du fil j’entends : « Ah ok, je vois. Comment ça va ? »

-« ça va. En fait, je voudrais avoir le numéro d’Ada Camara ». Petit silence, des grésillements, la ligne se coupe. Je recompose le numéro et répète la dernière phrase.

– « Non écoute, c’est interdit de donner les numéros ici », lâche le technicien.

– « Mais je suis un confrère, je veux juste des informations avec elle, pas autre chose », fais-je.

-OK, rappelle-moi dans deux minutes, je vais voir ». Je lui donne trois minutes supplémentaires et au bout de cinq minutes je rappelle. Je suis accueilli par ce message : « votre correspondant est injoignable ». Après une troisième tentative, je me rends à l’évidence : le téléphone de mon correspondant est off ! Vous pensez qu’il l’a éteint ? Non, les enfants de son quartier n’ont certainement pas crié « wéé té fa !! » la veille…

Après ce bide, je dégote le contact d’un ancien collègue qui bosse pour Espace Fm. Je l’appelle et lui dis que j’ai besoin du numéro d’Ada Camara. « Oh, je ne l’ai pas, elle change constamment de numéros. Celui qu’elle m’a donné la dernière fois ne passe pas ». Le ton de mon ami paraissait sincère. Avant de raccrocher, il me suggère de le demander à un autre ami du même cercle, comme sur Google +. Ce que je fais hic et nunc. Cet ami commun a la gentillesse de me dicter, enfin, le numéro de téléphone de la super star Ada Camara. Je pousse un ouf de soulagement…prématuré ! Avant de mettre fin à notre conversation, mon ami me dit : « je vais la prévenir que tu l’appelleras ». Je lui décroche un « merci beaucoup » plein de zèle.

15 minutes plus tard – le temps qu’il la prévienne – je pianote les huit chiffres du numéro d’Ada Camara suivi de OK ! Je suis gratifié par un premier « tou » long au bout de la ligne. Puis, deux, trois, quatre….jusqu’à ce que le répondeur veuille prendre le relais. Je coupe ! Elle est occupée, probablement. 10 à 15 minutes plus tard, je rebelote. La même histoire de « tou, tou » se répète. Pareil pour le lendemain ! C’est pile à cet instant que me revient cette phrase d’un ami à qui j’avais confié mon projet de portrait : « tu vas batailler ferme pour accéder aux journalistes d’Espace Fm, ce sont des vedettes». De peur d’être accusé de harcèlement, je décide d’abandonner mon projet de portrait avec la consolation habituelle du « loser » : « j’ai tout de même essayé ».

Inaccessible, Adama Camara ? Pour moi oui ! Pourtant, je ne préfère ni les livres à la vie, ni la mort aux baignades. Mais est-ce que Ada Camara, qui a pour devise « le mal d’une déception demeure pour les faibles » appartient aux « sublimes » ? Dites-moi ce que vous en pensez ci-dessous dans vos commentaires !

P-S : mon billet sur le thème à traiter vient derrière.

 

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Un clic sur les réalités socio-culturelles de ma Guinée dans sa diversité

Auteur·e

L'auteur: Mamadou Alimou SOW
Blogueur guinéen de Conakry, je suis passionné de réseaux sociaux et de nouvelles technologies. L'humour est mon compagnon, la sérendipité ma valise. #Blog #Blagues #Tweet

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